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    Les miracles de Jésus-Christ

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    saint-michel

    Masculin Messages : 419
    Date d'inscription : 14/02/2016

    Les miracles de Jésus-Christ

    Message par saint-michel le Dim 7 Mai - 10:35



    Les œuvres de Jésus-Christ sont ses miracles, ceci afin de prouver qu’Il est le Fils de l’Homme, le Fils de Dieu prophétisé dans l’Ancien Testament et attendu depuis la nuit des temps. L’abbé Broglié prouve par l’apologétique que les miracles sont seulement le fait du christianisme, aucune autre religion ne pouvant s’attribuer de tels phénomènes divins. Il prouve également que la résurrection de Jésus-Christ est authentique !


    « Les miracles de Jésus-Christ » tiré de « Problèmes et conclusions de l’histoire des religions » de l’abbé de Broglié. Page 340 à 351.


    « Ce que la vie idéale et réelle de Jésus-Christ prouve aux cœurs élevés et aux esprits droits, les miracles le prouvent à tous les hommes de bonne foi d’une manière plus claire et plus facilement intelligible. La preuve des miracles est une de celles auxquelles Jésus-Christ en appelle le plus souvent. Croyez à mes œuvres, dit-il, et ces œuvres sont ses miracles. Avant de quitter la terre, il promet à ses apôtres qu’ils auront le pouvoir de faire des miracles, afin d’inspirer la foi à ceux qui les verront. Il est facile de comprendre le motif de cette importance attachée aux miracles visibles parmi les preuves de la foi chrétienne. C’est que les miracles donnent à la foi un fondement rationnel clairement explicable. Si réellement il y a eu des miracles éclatants, supérieurs à tous les autres faits surnaturels allégués en faveur des autres religions, si ces miracles sont donnés en preuve d’une révélation faite par le Dieu créateur, il est certain qu’il faut croire à cette révélation. Dieu seul est le maître de la nature, et s’il manifeste cette souveraineté, l’homme doit croire à sa parole. Cette preuve diffère des autres, de celle qui résulte de la beauté de la doctrine ou de la sainteté du fondateur, en ce qu’elle repose sur des faits extérieurs, précis et déterminés, capables d’être vus ou touchés par les témoins immédiats, capables d’être attestés comme tous les autres faits. Une fois de tels faits constatés, une fois qu’il est prouvé qu’ils sont l’œuvre du Dieu suprême, il devient raisonnable et logique de soumettre sa raison à l’autorité qu’ils appuient. De tels miracles sont semblables aux marques extérieures qui font connaître l’authenticité d’une pièce, au cachet ou au sceau qui garantit contre les falsifications. Si au contraire il n’y a pas de miracles visibles en faveur d’une religion, si l’on en est réduit aux preuves morales seules, l’illusion est plus facilement admissible. Les preuves morales sont affaire d’appréciation individuelle ; les miracles sont des faits palpables et capables de frapper tous les esprits. Une religion sans miracles serait semblable à la lettre d’un souverain, dont le cachet et la signature auraient disparu et dont l’auteur ne pourrait être reconnu que par l’appréciation du contenu de la missive.


    Il y aurait d’ailleurs présomption contre une religion monothéiste qui se prétendrait révélée et qui ne s’appuierait pas sur des miracles. Le Dieu créateur est en effet le maître de la nature ; il a le pouvoir de faire des miracles. S’il se refusait absolument à user de ce pouvoir pour garantir une parole venant de lui, il serait vraisemblable qu’il n’a pas le dessein d’enseigner les hommes d’une manière exceptionnelle et surnaturelle, et qu’il les laisse éclairés par les seules lumières de leur conscience et de leur raison. Cette présomption serait plus forte encore et deviendrait décisive si à côté de cette religion il y en avait d’autres se prétendant établies par le même créateur et essayant de s’appuyer sur des preuves visibles. Nous devons donc attacher une grande importance à la preuve des miracles, et c’est à tort que certains apologistes et certains orateurs chrétiens lui donnent une place secondaire. Les miracles visibles sont comme les ossements et la charpente de la démonstration du christianisme ; les preuves morales pourraient être comparées aux nerfs et aux muscles : sans ossements, les nerfs et les muscles seraient impuissants.



    Ceci posé, si nous comparons le christianisme aux autres religions, au point de vue des miracles, nous arrivons au résultat suivant. En dehors du christianisme il peut se rencontrer certains faits surnaturels, mais ces faits ou sont peu éclatants, ou ne sont que très faiblement attestés. En outre la plupart de ces faits peuvent être expliqués sans avoir recours à la puissance du Créateur. Nous pouvons ranger parmi les faits équivoque et peu éclatants les miracles du paganisme proprement dit, les oracles de Delphes et de Memphis, les faits miraculeux attribués à Vespasien, et les faits magiques racontés par les missionnaires de l’extrême-Orient. Il n’y a dans tous ces faits rien qui soit comparable à la résurrection de Lazare, à la tempête apaisée, à la guérison de l’aveugle-né ; il est difficile de savoir quelle est la part exacte d’illusion, d’imposture ou de surnaturel véritable qui s’y rencontre. La part du surnaturel, si vraiment il y en a une, est si faible, qu’elle peut être attribuée à un être spirituel quelconque, ange ou démon, aussi bien qu’au Créateur. Nous trouvons d’un autre côté dans certaines religions l’allégation d’un déploiement très grand d’une puissance surnaturelle. Tels sont les récits relatifs à Zoroastre et à Çakia-Mouni. Mais nous sommes alors sur le terrain de la légende pure, sans aucune base historique solide. Zoroastre est, comme nous l’avons vu, un personnage absolument légendaire ; et quant à Çakia-Mouni, le récit fantastique de ses miracles est de plusieurs siècles postérieur à sa mort. Ces derniers miracles d’ailleurs ne sont point attribués à une puissance divine, mais à un pouvoir magique résultant, dans l’opinion des Hindous, de la sagesse et des vertus de Çakia-Mouni lui-même. Ce sont donc des miracles irrationnels, qui, fussent-ils réels, ne prouveraient pas la vérité de la doctrine bouddhique : car, de ce qu’un homme serait un puissant magicien il ne s’ensuivrait pas qu’on dût croire à sa parole. II n’y a d’ailleurs pas à s’occuper de faits si évidemment légendaire.


    Si nous passons à l’Évangile, nous nous trouvons en face d’un spectacle tout différent. Nous rencontrons une série de miracles éclatants accomplis à une époque et dans des lieux clairement désignés, en présence d’une foule nombreuse. Nous voyons des malades guéris par la seule parole d’un homme, ou même à distance par sa seule volonté, des morts ressuscités, Jésus marchant sur l’eau et apaisant la tempête. L’explication naturelle de tels faits est impossible. S’ils sont réels, leur éclat est tel, et tellement supérieur à celui des faits pareils qui ont été racontés dans d’autres circonstances, qu’il est impossible de ne pas les attribuer au Créateur lui-même. Il faut observer en effet que l’ensemble de ces faits évangéliques s’est accompli dans l’espace de trois années, et dans un pays qui n’est pas plus étendu qu’une province de la France. Que l’on compare ce récit évangélique avec les miracles les plus nombreux et les plus attestés des temps modernes, avec ceux en particulier qui sont allégués à l’occasion de certains pèlerinages, et on verra de suite quelle immense différence sépare l’une de ces manifestations surnaturelles de l’autre. Les faits surnaturels contemporains, quand ils peuvent être prouvés, sont capables de produire la conviction chez les personnes bien disposées ; mais il s ne sauraient, comme ceux de l’Évangile, être la base d’un enseignement populaire et d’une prédication publique.



    Toute la question, relativement aux miracles évangéliques, se réduit à un seul point : sont-ils suffisamment attestés ? Le livre qui les raconte est il l’œuvre de témoins assez rapprochés des faits pour qu’on ne puisse pas douter de leur exactitude et assez dignes de foi pour que l’on ne puisse pas les accuser d’imposture ? Si cette question est résolue affirmativement dans le sens de la vérité des récits évangéliques, le christianisme a cause gagnée ; car les faits évangéliques, mille fois plus éclatants qu’aucune autre série de faits de ce genre, ne peuvent être attribués qu’à une puissance qui dispose de la nature entière et qui est maîtresse de la vie et de la mort. Les miracles de l’Évangile sont d’ailleurs, par leur nature même, parfaitement adaptés à être la marque de la puissance divine. Ils ont pour but le soulagement des maux de l’humanité, ou bien ils sont destinés directement à prouver l’autorité divine de leur auteur. Ils sont donc conformes à la sagesse et à la bonté du Créateur. Reste donc l’unique question : l’Évangile est-il authentique ? Ses récits reproduisent-ils la parole de témoins oculaire s, sûrs et dignes de foi ?


    On peut traiter cette question dans deux dispositions d’esprit différentes. On peut être d’avance convaincu que les miracles sont impossibles, que toute allégation de faits surnaturels est ma l fondée et doit s’expliquer par la légende ou l’imposture. On peut au contraire croire à la possibilité générale de s miracles, et n’avoir de doute que sur l’évidence réelle de ceux de l’Évangile. Ceux qui sont dans la première disposition d’esprit ont leur siège fait d’avance. II y a dans leur esprit une donnée première qu’ils ne peuvent laisser ébranler ; à savoir que les miracle évangéliques ne sont pas réels. La question pour eux est celle-ci : Comment ont pu être formés des livres attestant aussi clairement des miracles qui n’ont pas existé ? Ceux qui admettent la possibilité des miracles posent la question autrement. Ils se demandent simplement, sans parti pris, sans idée préconçue, si les livres sont authentiques, si les témoins sont dignes de foi, si les miracles sont réels. Ils se tiennent prêts à adopter l’une ou l’autre alternative, selon qu’elle se manifestera à eux avec évidence par les règles ordinaires de la critique sur l’époque des livres, par les règles du bon sens sur la valeur des témoignages.



    D’où vient cette différence d’appréciation ? Elle vient d’un principe philosophique. Ceux qui a priori ne croient pas aux miracles sont athées panthéistes ou naturalistes. Ils se croient certains d’avance qu’il n’y a aucune puissance supérieure à la nature capable d’accomplir de telles œuvres. Ceux qui sont prêts à admettre les miracles, si les miracles sont prouvés, peuvent être de deux opinions. Ils peuvent être monothéistes ou sceptiques. S’ils sont monothéistes, ils savent qu’il y a un Dieu qui a créé le monde, et qui peut faire des miracles. S’ils sont sceptiques, ils ne savent rien sur l’origine du monde, mais la logique veut qu’ils acceptent, sans les contester d’avance, les faits que l’histoire leur présentera, puisqu’ils n’ont aucun principe qui leur donne le droit de les rejeter.



    Ceci posé, voyons quels sont, relativement à l’époque de la rédaction des Évangiles, les résultats auxquels parviennent ces deux écoles. Les rationalistes, sauf quelques extrêmes, admettent que les trois premiers Évangiles ont été rédigés sous la forme où nous les possédons, à la fin du premier siècle de l’ère chrétienne, soit 70 ans après la passion de Jésus-Christ. Ils considèrent l’Évangile de saint Jean comme rédigé 15 ou 20 ans au plus après la mort de cet apôtre, par ses disciples, soit 85 ou 90 ans après la passion de Jésus-Christ. Les critiques chrétiens qui admettent le surnaturel, et par conséquent ne considèrent pas comme une objection valable le fait que des miracles publics soient racontés par des contemporains, placent la composition des trois premiers Évangiles ayant la ruine de Jérusalem, c’est-à-dire environ 30 à 35 ans après la Passion, et celle de l’Évangile de saint Jean un peu ayant la mort de cet apôtre, c’est-à-dire 65 ans après la mort du Sauveur. On voit que l’écart n’est guère que d’une trentaine d’années, d’une génération d’hommes. Afin de bien comprendre ce que valent ces intervalles de temps, comparons-les à des intervalles contemporains. Trente-cinq ans, c’est l’intervalle qui nous sépare de la révolution de Février. Soixante-cinq ans, c’est celui qui nous sépare de l’invasion de 1815. Quatre-vingt-dix ans, c’est le temps qui s’écoule depuis la première Terreur. Donc, si l’on admet l’hypothèse des rationalistes, nos plus anciens documents auraient, quant aux temps, la valeur d’un récit racontant un épisode de 1815, et l’Évangile de saint Jean celui d’un récit du temps de la Terreur. Si l’on admet l’opinion des critiques chrétiens, les trois premiers Évangiles correspondraient à un récit relatif à la république de 48, le dernier à un récit du moment de la Restauration. Remarquons maintenant quelle étroite chaîne de témoignages nous unit à des époques si voisines. Que de vieillards ont été témoins oculaires de la Restauration et même du premier Empire ! Il n’est pas un homme de 40 ou 50 ans qui n’ait connu plusieurs témoins de la première révolution. Considérons, d’autre part, que l’Église chrétienne formait une société très étroitement unie, vivait d’une même vie, extrêmement attachée à ses traditions, recueillant avec la plus grande attention les moindres paroles attribuées au Sauveur. Songeons que les chrétiens étaient en hostilité et en contact avec les Juifs sur le théâtre même des miracles. Songeons que ces miracles étaient la preuve invoquée à tout instant par les apôtres pour démontrer que Jésus-Christ était le Messie, que ces miracles étaient considérés comme le fondement d’une foi qui allait jusqu’au martyre. Dans de telles circonstances, peut-on admettre que cette grande série de miracles ait été inventée et imaginée de toutes pièces ? Peut-on admettre qu’une légende miraculeuse se soit formée tout entière en si peu de temps, sans être contestée, cette légende étant considérée comme preuve fondamentale de la nouvelle religion et par conséquent comme le pivot même de la discussion ? Qui ne voit qu’une telle hypothèse est inadmissible, et que, même en concédant aux rationalistes une rédaction un peu tardive des Évangiles, l’attestation qu’ils donnent des faits miraculeux ne perdrait rien de sa force ? Ici encore d’ailleurs il y a une réponse plus simple. Qu’on lise l’Évangile de bonne foi, et qu’on lise encore une histoire légendaire quelconque, celle de Bouddha, ou la biographie récente de Mahomet, et que l’on compare. D’une part il y a une simplicité, une naïveté, un caractère évident de vérité ; on sent qu’on entend la parole de celui qui a vu ce qu’il raconte. De l’autre côté, on est averti par la couleur même du récit qu’on est en présence d’une œuvre d’imagination.



    Il est enfin une dernière série de miracles, on plutôt un miracle suprême, entouré de plusieurs autres, qui est appuyé sur des preuves qui défient toute critique. Nous voulons parler de la résurrection de Jésus-Christ, de ses apparitions et de son ascension. Ces faits ont eu pour témoins les apôtres et un nombre considérable de fidèles, plus de 500, au dire de saint Paul. Il est vrai qu’ils ont été contestés par les Juifs et les païens. Mais quelle force particulière prend dans ce cas le témoignage apostolique ! Comme ces récits des apparitions du Sauveur sont naturels et simples ! Comme on voit se former graduellement la conviction des apôtres ! Quelle force leurs hésitations, leurs doutes, leur difficulté à croire donnent à leurs affirmations postérieures ! Et lorsqu’on songe que cette affirmation a été scellée de leur sang, et qu’elle a été si puissante qu’elle a produit dans des multitudes immenses la foi à un Dieu ressuscité, malgré les railleries des sages de ce monde, comment ne sent-on pas que la vérité seule a un tel pouvoir sur les âmes ? Ajoutons que, malgré leurs efforts, les ennemis de l’Évangile n’ont pu jusqu’à nos jours donner aucune explication plausible de la croyance des apôtres, ni même opposer à leur récit un récit admissible à un degré quelconque sur la fin de la vie de Jésus-Christ. S’il n’est pas ressuscité, qu’est devenu le corps de ce supplicié, et comment l’autorité qui l’avait condamné et avait scellé son sépulcre, se l’est-elle laissé dérober ? S’il n’est pas ressuscité, comment ce condamné et ce vaincu a-t-il pu avoir des adorateurs ? Les solutions de ce problème sont misérables. Tantôt c’est la femme fanatique dont parle Celse, qui, en croyant voir le Sauveur, a été la cause de la fondation du christianisme et du renouvellement de l’univers. M. Renan n’a pas craint, faute de mieux, de rééditer cette pauvreté par cette phrase :


    « La passion d’une hallucinée donne au monde un Dieu ressuscité. »


    D’autres ont imaginé une véritable imposture : Jésus-Christ ne serait pas mort de la crucifixion ; il serait sorti vivant du tombeau, et se serait montré à ses apôtres ; comme si les ennemis qui l’avaient poursuivi avec tant de haine avaient pu laisser échapper leur proie. La résurrection et l’ascension du Sauveur, ces faits si clairement attestés, sont le fondement inébranlable de la foi chrétienne. Notre croyance à la vie future repose sur le témoignage d’un homme qui a passé par la mort et qui est revenu sur la terre : c’est la preuve expérimentale par excellence. Tout à l’heure nous remarquions, dans la personne de Jésus-Christ, l’union partout ailleurs inconnue de l’idéal et du réel. Nous voyons maintenant que cette union, qui constitue la perfection, n’est pas un accident passager, que l’homme parfait est victorieux de la mort ; qu’il possède, et par conséquent peut communiquer la vie éternelle et divine.



    Trouvera-t-on maintenant quelque chose de comparable dans les autres religions ? Non : c’est vainement que l’on chercherait quelque chose de pareil. Tous les fondateurs de culte meurent comme les autres hommes : aucun n’ose prétendre être plus fort que la mort. À ce sujet, il me semble intéressant de citer un des traits de la légende de Çakia-Mouni. Il semble que l’auteur de cette légende ait senti combien il était peu raisonnable de supposer une sagesse et une puissance infinie dans un homme, et de lui laisser finir vulgairement sa vie comme un autre mortel. Il lui a semblé nécessaire à la dignité de Bouddha qu’il ne mourût que volontairement et par son propre choix (Burnouf, Introduction à l’histoire du Bouddhisme indou, p.65 et suivantes). Voici le fait qui, dans la légende, précède immédiatement la mort de Çakia-Mouni. Le Bouddha, se promenant avec Ananda, son disciple chéri, lui dit un jour :


    « Ananda, celui qui est arrivé à la perfection de la sagesse peut, s’il le veut, vivre pendant une révolution entière du monde, c’ est-à-dire des milliards d’années. Or, je suis arrivé à cette perfection de la sagesse. »


    Il répéta trois fois ces paroles, s’attendant à ce qu’Ananda le suppliât d’user de son privilège pour rester plus longtemps avec ses disciples et continuer à les instruire. Mais Ananda eut une distraction : le démon Mara lui suggéra des pensées étrangères. II n’entendit que vaguement les paroles du Maître et ne comprit pas son intention secrète. À quelque temps de là, un tremblement de terre se produisit, Ananda effrayé demanda l’explication de ce prodige.



    « C’est, lui dit Çakia-Mouni, que j’ai renoncé à l’existence et que je vais entrer prochainement dans le Nirvana.
    – Comment , s’écria Ananda tout en larmes, ô maître, vous allez nous quitter : mais nous ne sommes pas instruits, nous avons encore de besoin de vous. Restez avec nous !
    – Ananda, reprit Çakia-Mouni, il est maintenant trop tard pour me faire cette demande. II fallait à me la faire tout à l’heure, quand je t’ai déclaré que je pouvais, si je le voulais, passer avec vous le temps d’une révolution entière du monde. Maintenant mon sort est fixé d’une manière irrévocable. »


    Fatale distraction d’Ananda ! S’il eut été attentif, Çakia-Mouni vivrait encore, et sans doute nous serions tous bouddhistes. Mais grâce à un piège du démon Mara, le maître de l’univers est mort à 80 ans, et ne songe pas à ressusciter, puisque, selon sa doctrine, la vie n’est qu’un mal. Ne semble-t-il pas que l’auteur de cette légende ait senti la nécessité d’expliquer le singulier dénouement de la vie de son héros ? Ne semble-t-il pas aussi que le Bouddha ait essayé vainement d’être ce que le Christ a été réellement, le vainqueur de la mort ? »


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