Forum catholique l'Imitation de Jésus-Christ

Bienvenue sur le Forum catholique
l'Imitation de Jésus-Christ!

Ce forum est un lieu d'échanges dédié à l'approfondissement de la foi catholique, afin de toujours mieux connaître, aimer et servir Jésus-Christ.

On peut y partager des témoignages personnels, proposer des méditations, se questionner sur la Bible et les différents enseignements de l'Église catholique, demander et apporter de l'aide dans le cheminement de l'âme vers Dieu, etc.

Forum d'échanges visant à approfondir la foi catholique, afin de toujours mieux connaître, aimer et servir Jésus-Christ


    La compagnie de l’immaculée conception - St Dom. Savio

    Partagez

    saint-michel

    Masculin Messages : 381
    Date d'inscription : 14/02/2016

    La compagnie de l’immaculée conception - St Dom. Savio

    Message par saint-michel le Dim 26 Fév - 10:06



    Voici la troisième partie du second chapitre de la vie de saint Dominique de Savio.


    Chapitre 2


    Chez Don Bosco


    10. La Compagnie de l’Immaculée Conception


    La vie de Dominique a été un exercice continuel de piété envers la Sainte Vierge. En 1854, le chef de l’Église définit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Or, Dominique désirait beaucoup laisser un vivant et durable souvenir de cet auguste titre donné par l’Église à la Reine du Ciel. Il disait alors souvent :


    « Je voudrais faire quelque chose en l’honneur de Marie ; mais je voudrais faire vite, car je crains de n’en avoir pas le temps. »


    Bientôt son projet était fixé : il invita ses plus intimes amis à établir entre eux une Compagnie de l’Immaculée Conception. Les compagnons viseraient à obtenir la protection de Marie pendant leur vie et surtout au moment de leur mort. À cette fin, Dominique proposa certains exercices de piété en l’honneur de Marie Immaculée et la communion fréquente. D’accord avec ses amis, il composa un règlement. On y apporta beaucoup de soin et il en fit la lecture devant l’autel de la Sainte Vierge, le 8 juin 1856.


    En voici la teneur :


    « Nous, Dominique Savio et… (suivent les noms des autres compagnons), pour obtenir la protection de la Sainte Vierge durant notre vie et à l’heure de notre mort et pour nous consacrer entièrement à son service, après avoir reçu les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, avons, en ce 8 juin 1856, résolu de professer envers Marie une filiale et persévérante dévotion. En conséquence, nous prenons l’engagement :


    D’observer ponctuellement le règlement de la maison.


    D’édifier nos condisciples par nos paroles et plus encore par nos exemples.


    De toujours bien employer notre temps.


    Pour réaliser ces engagements et y persévérer, nous soumettons à notre directeur le règlement qui suit :




    1. Nous voulons avant tout être parfaitement obéissants à nos supérieurs, nous abandonnant à leur direction, en toute confiance ;
    2. L’accomplissement de nos devoirs sera le premier et principal but de nos efforts ;
    3. Une charité réciproque unira nos âmes et nous fera aimer indistinctement tous nos frères, que nous avertirons avec douceur, quand nous le croirons utile, nous éviterons de nous causer mutuellement le moindre déplaisir. Nous pratiquerons la patience entre nous et avec les autres ;
    4. Il y aura chaque semaine une conférence d’une demi-heure ;
    5. La Compagnie n’impose aucune prière spéciale, mais elle recommande à tous la fréquentation assidue des sacrements ;
    6. Tous les jours, et surtout en récitant le chapelet, nous recommanderons notre société à l’auguste Vierge, afin qu’elle nous obtienne la grâce de la persévérance ;
    7. Chaque samedi sera consacré à la Sainte Vierge et nous ferons un acte de piété chrétienne en 1’honneur de son Immaculée Conception ;
    8. Nous aurons une tenue édifiante durant la prière, les lectures pieuses, aux saints offices, à l’étude et en classe ;
    9. Nous écouterons avec respect la parole de Dieu, et nous la retiendrons avec un soin jaloux pour la méditer assidûment ;
    10. Nous éviterons toute perte de temps pour nous prémunir contre les tentations, qui assaillent ordinairement dans l’oisiveté ; nous occuperons nos moments libres à des lectures pieuses et instructives, ou encore à la prière ;
    11. Nous aurons soin de signaler à nos supérieurs tout ce que nous croirons devoir être utile à notre progrès spirituel ; nous ne leur demanderons que les permissions strictement nécessaires ;
    12. Nous accepterons, sans jamais nous plaindre, la nourriture préparée ;
    13. Celui qui demandera à entrer dans l’Association, devra d’abord purifier sa conscience par une bonne confession et recevoir la Communion. Il sera ensuite mis à l’épreuve pendant une semaine. Le jour de l’admission, les Compagnons feront la sainte Communion et demanderont pour leur nouveau frère la grâce de la persévérance, de l’obéissance et le véritable amour de Dieu ;
    14. La Compagnie est placée sous le patronage de l’Immaculée Conception dont nous porterons le nom et la médaille. Une confiance sincère, filiale et illimitée en Marie, un tendre amour et une dévotion constante envers elle, nous feront surmonter tous les obstacles, nous rendront fermes dans nos résolutions, sévères pour nous, aimables envers le prochain et ponctuels en tout. Il est recommandé aux compagnons d’écrire les saints noms de Jésus et de Marie, d’abord dans leur esprit et dans leur cœur, et ensuite sur les livres et autres objets qu’ils auront sous les yeux.


    Notre Directeur est prié d’examiner ce règlement, car nous voulons dépendre entièrement de sa volonté. Nous demandons à Marie de bénir nos efforts, puisque l’idée de cette Compagnie vient toute d’Elle. Qu’Elle sourie à nos espérances, bénisse nos désirs, nous couvre de son manteau et, forts de sa protection, nous défierons les tempêtes de cette mer orageuse, nous résisterons aux assauts de l’ennemi infernal.


    Avec son assistance, nous avons l’espoir de faire l’édification de nos condisciples, la consolation de nos supérieurs, et de devenir ses enfants bien-aimés. De plus, si Dieu nous fait la grâce de nous consacrer totalement à son service, nous promettons d’y employer toutes nos forces, tout notre zèle ; enfin, avec la défiance de nous-mêmes et une confiance sans bornes dans le secours divin, nous espérons qu’après l’exil de cette vie, consolés par la présence de Marie, à notre dernière heure, nous obtiendrons la récompense de ceux qui auront servi Dieu sincèrement en esprit et en vérité. »


    Don Bosco voulut préciser que ces promesses n’obligeraient pas sous peine de péché et invita les membres à proposer à chaque réunion tel ou tel service à rendre.


    11. Ses amitiés


    « Celui qui a trouvé un ami fidèle, dit l’Écriture, a trouvé un trésor. »


    Une sainte et fidèle amitié jouit d’une grande puissance pour soulever et illuminer la vie. Dominique ne comptait que des amis. Ceux même qui ne l’affectionnaient pas, l’estimaient à cause de ses qualités. D’ailleurs, il savait s’accorder avec tous, sa vertu était à ce point solide qu’on lui conseilla même plusieurs fois de fréquenter des jeunes gens peu sérieux pour tâcher de les ramener à Dieu.


    Pendant la récréation, en jouant, en causant de toutes sortes de choses, même indifférentes, il faisait du bien à leur âme. Néanmoins, ses vrais amis étaient les membres de la Compagnie de l’Immaculée Conception. Leurs réunions étaient dirigées par les élèves eux-mêmes… Chacun y adoptait un jeune élève oublieux de ses devoirs et en faisait son client. Pour tout cela, Dominique était des plus fervents. Sa parole éclairait et dirigeait les réunions.


    Nous pourrions parler ici de plusieurs condisciples de Savio qui prenaient part aux réunions, mais, comme ils vivent encore, nous ne le ferons pas ; nous nous contenterons d’en mentionner deux qui déjà sont retournés à Dieu : Camille Gavio, de Tortona, et Jean Massaglia, de Marmorito. Gavio ne resta que deux mois à l’Oratoire, et ce peu de temps lui suffit pour laisser de son passage un souvenir édifiant. Dès son arrivée, il noua avec Dominique une merveilleuse amitié. Pendant la récréation, il regardait les autres jouer sans prendre part à leurs jeux. Dominique s’approcha de lui. Après avoir lié connaissance, il lui dit :


    « D’où vient cette tristesse sur ton visage ? Es-tu malade ?
    J’ai eu une grave maladie de cœur et je ne suis pas parfaitement guéri.
     – Et tu désirerais guérir naturellement.
     – Pas tant que cela. Je ne désire que la volonté de Dieu. »



    Ces dernières paroles firent une grande impression sur Dominique. Elles lui révélèrent la haute piété de Gavio, et il en éprouva dans son âme un vrai bonheur. Aussi, plein de confiance, il ajouta :


    « Celui qui désire faire la volonté de Dieu désire se sanctifier ; tu veux donc te sanctifier… Sache donc que nous faisons consister la sainteté à être très joyeux. Nous tâchons d’éviter le péché, comme notre grand ennemi, qui nous enlève la grâce de Dieu et la paix du cœur ; pour cela nous nous efforçons de bien remplir tous nos devoirs et de nous adonner à la piété. Dès aujourd’hui, prends pour devise ces simples paroles : Servite Domino in laetitia : Servons Dieu dans la joie. »


    Cette conversation fut un baume salutaire pour l’âme affligée de Gavio. Il devint l’ami fidèle de Dominique et l’imitateur de ses vertus. Mais après deux mois, la maladie l’assaillit de plus belle. Après avoir reçu les derniers sacrements avec une grande piété, il rendit sa belle âme à Dieu le 29 décembre 1855. Dominique invita instamment ses compagnons à prier pour lui. En présence du cadavre de son ami, Dominique fut profondément ému et dit ces paroles :


    « Adieu ! Mon cher Gavio, je suis intimement persuadé que tu t’es envolé au ciel. Je te demande de m’y préparer une place. Sache que je reste ton ami, et tant que je vivrai, je prierai pour le repos de ton âme. »


    Plus longues et plus intimes furent les relations amicales de Dominique avec Jean Massaglia. Ils étaient venus ensemble à l’Oratoire ; leur pays était rapproché, l’un et l’autre se destinaient à la prêtrise et nourrissaient un vrai désir de se sanctifier. Ils s’encourageaient mutuellement pour acquérir et intensifier les vertus exigées par le sacerdoce. Vers Pâques, ils firent la retraite annuelle avec les autres et furent exemplaires dans tous les exercices. Après la retraite, Dominique dit à son condisciple :


    « Je voudrais que nous fussions de vrais amis, des amis qui s’entraident dans la voie du salut. Si tu remarques en moi un défaut, dis-le moi, afin que je m’en corrige ; de même si tu vois quelque bien que je puisse faire, ne manque pas de me le suggérer.
    Entendu, répondit Massaglia, je le ferai volontiers pour toi, bien que tu n’en aies pas besoin ; mais toi tu auras beaucoup à faire pour moi. Comme tu le sais, par mon âge et mes études je me trouve exposé à de plus grands périls.
    Laissons-la les compliments, répliqua Dominique, et ne songeons qu’à nous aider à progresser dans la vertu. »


    À partir de ce jour, Savio et Massaglia furent de vrais amis, et leur amitié fut durable, car elle était fondée sur l’amour de Dieu. Une sainte émulation, de bons conseils et de pieux exemples les entraînaient à la fuite du mal et à la pratique de la vertu.


    Lorsque vinrent les vacances ils demandèrent tous les deux à rester à l’Oratoire. Dominique expliqua :


    « Nous savons que nos parents nous attendent et nous reverront avec plaisir ; nous aussi, nous les aimons et nous irions volontiers en vacances ; mais nous savons bien que l’oiseau, tant qu’il demeure en cage, est à l’abri de la griffe de l’épervier. Au contraire, hors de la cage, il vole où il veut, mais d’un moment à l’autre, il peut tomber sous la griffe du vautour infernal. »


    Malgré cela, je crus bon, à cause de leur santé, de les envoyer passer quelque temps dans leur famille.


    Dominique et Jean retournèrent en famille et ne restèrent que le temps fixé. Si je voulais raconter les actions vertueuses de Jean Massaglia, je devrais répéter ce que j’ai dit de Dominique Savio, dont il fut, tant qu’il vécut, le fidèle imitateur. Il avait une bonne santé et paraissait devoir réussir dans ses études. Quand il eut terminé sa rhétorique, il subit avec succès l’examen requis pour revêtir l’habit religieux qu’il avait tant désiré et auquel il fit honneur.


    Malheureusement, il ne le porta que quelques mois. Frappé d’une maladie des intestins, par suite d’un refroidissement, il ne voulait pas interrompre ses études. Mais ses parents voulurent l’avoir auprès d’eux. C’est alors qu’il écrivit à Dominique la lettre suivante :


    « Bien cher Ami,


    La maladie traîne en longueur et l’issue en devient douteuse… Si tu savais, mon cher Dominique, comme je m’ennuie loin de toi et de l’Oratoire, parce que je n’ai pas la facilité voulue pour accomplir mes pratiques de piété. Un seul souvenir me console : celui du jour béni où nous nous préparions ensemble à faire la sainte communion. J’espère néanmoins que, séparés de corps, nous ne le sommes pas d’esprit… Je ne sais pas ce qui m’attend ; mais, quoi qu’il arrive, il me semble que je suis prêt à faire la sainte et aimable volonté de Dieu. Si tu as quelques bons conseils à me donner, écris-moi. Donne-moi des nouvelles de ta santé. Songe à moi dans tes prières, spécialement quand tu fais la sainte communion. Bon courage ! Aime-moi en Dieu de tout ton cœur. Si nous ne pouvons nous entretenir longtemps encore durant la vie présente, j’espère qu’un jour, nous vivrons heureux en compagnie l’un de l’autre dans l’éternité…


    Jean Massaglia »


    Dominique répondit :


    « Mon cher Jean,


    Tu envies, dis-tu, la facilité que nous avons ici d’accomplir nos exercices de piété. Quand je suis à Mondonio, j’éprouve la même peine. Je tâchais d’y suppléer en faisant chaque jour une visite au Saint-Sacrement et je menais avec moi des petits compagnons, aussi nombreux que possible… En ce qui me concerne, ma carcasse n’est guère vaillante. Tout me fait croire que j’approche à grands pas du terme de mes études et de ma vie. Quoi qu’il en soit, prions l’un pour 1’autre. Demandons à Dieu la grâce de faire tous les deux une bonne mort. Celui qui arrivera le premier en paradis préparera une place à l’autre ; et quand ce dernier arrivera, le premier entré lui tendra la main pour l’introduire dans la demeure du ciel. Que Dieu nous conserve toujours en sa grâce et nous aide à devenir des saints ; mais que nous soyons bientôt des saints car je crains que le temps ne nous manque…


    C’est avec un amour et une affection vraiment fraternels que je me dis toujours ton ami très attaché,


    Dominique Savio »


    De rechute en rechute, Jean Massaglia arriva bientôt au bord de la tombe. Il mourut après avoir reçu les secours de notre sainte religion. Dominique fut profondément affligé de la perte de son ami. Bien que résigné à la volonté de Dieu, il le pleura durant plusieurs jours. Ce fut la première fois que je vis cet angélique visage assombri par la douleur et mouillé de larmes. Sa santé en souffrit notablement. Son unique consolation était de prier et de faire prier pour son ami. Il ne l’oublia jamais. On l’entendit plusieurs fois s’écrier :


    « Mon cher Jean, tu nous as quittés. J’espère que tu es au ciel en compagnie de Camille Gavio. Quand donc irai-je vous rejoindre dans l’immense bonheur du ciel ? »


    12. Faits mystérieux


    Ce qui constitue la sainteté, ce ne sont pas les faits miraculeux, « mystérieux », comme dit Don Bosco, mais la perfection de la foi et de l’amour qui animent toute la vie. Le Seigneur tient cependant souvent à confirmer la sainteté par des interventions surnaturelles. Bien étroit d’esprit serait celui qui s’en offusquerait et opposerait une fin de non-recevoir à de tels faits dûment établis. Le plus extraordinaire dans la vie de Dominique fut sa fidélité parfaite à son devoir, jusque dans les plus petits détails, sa foi vive, son espérance si ferme, son amour brûlant. Mais il y eut aussi des grâces spéciales, des faits mystérieux dont saint Jean Bosco atteste l’historicité, les ayant vus de ses yeux.


    Plus d’une fois quand Dominique était à l’église, surtout après la Communion, ou que le Saint-Sacrement était exposé, il lui arriva d’être ravi en extase. Privé de l’usage de ses sens, il restait là indéfiniment, il fallait l’appeler pour le faire revenir à lui. Un jour, il manqua le déjeuner, la classe et même le dîner. On le chercha vainement à l’étude, au dortoir. Don Bosco, mis au courant, soupçonna qu’il pouvait être à l’église. Il l’y trouva immobile comme une statue de pierre. Dominique se tenait debout, un pied plus haut que l’autre, une main appuyée sur le pupitre de l’antiphonaire et l’autre sur la poitrine, le regard fixé vers le tabernacle. Il ne remuait même pas les paupières. Don Bosco l’appela en vain. Il le secoua ; alors, il porta un regard étonné autour de lui.


    « Comment ? dit-il, la messe est déjà finie ! »


    II était deux heures. Dominique demanda humblement pardon d’avoir manqué au règlement et Don Bosco l’envoya dîner en lui disant :


    « Si on te demande d’où tu viens, réponds que tu as fait ce que je t’ai commandé. »


    Un autre jour, après son action de grâces, Don Bosco allait sortir de la sacristie quand il entendit au chœur le bruit d’une conversation. Il y trouva Dominique qui parlait et s’arrêtait comme pour écouter une réponse. Entre autres choses, il entendit clairement les paroles suivantes :


    « Oui, mon Dieu, je vous l’ai déjà dit, et je vous le répète, je vous aime et je veux vous aimer jusqu’à la fin de ma vie. Si vous prévoyez que je doive vous offenser, faites-moi mourir. Plutôt la mort que le péché ! »


    Je lui demandais parfois ce qu’il faisait pour être ainsi en retard ; il répondait en toute simplicité :


    « Hélas, il me survient une distraction et, à ces moments, je perds le fil de mes prières et il me semble que je vois des choses si belles que les heures s’enfuient comme un instant. »


    Un jour, il vint dans ma chambre et me dit :


    « Venez vite avec moi, il y a une bonne œuvre à faire. »


    Comme j’avais déjà expérimenté le bien-fondé de pareilles invitations, je me décidai à le suivre. Nous parcourûmes plusieurs rues. Puis, il s’arrêta à une porte, monta un escalier et s’arrêta au troisième étage où il sonna vigoureusement :


    « C’est ici, me dit-il, entrez » ; et il s’en retourna à l’Oratoire. On m’ouvrit :


    « Oh ! Venez vite, me dit on, venez vite, autrement il sera trop tard. Mon mari a eu le malheur de se faire protestant ; il est en danger de mort et demande la grâce de pouvoir mourir en bon catholique. »


    Le malade se confessa et mourut tandis que le prêtre lui administrait le sacrement des malades.


    Un jour, je voulus demander à Dominique Savio comment il avait pu savoir qu’il y avait là un malade. Il me regarda d’un air triste et suppliant, puis se mit à pleurer. J’évitai dès lors toute demande à ce sujet. L’innocence de vie de Dominique, son amour de Dieu, ses désirs des biens célestes avaient amené son âme à un état de recueillement habituel en Dieu. Parfois, durant la récréation, il cessait tout à coup de jouer, s’éloignait de ses compagnons et se promenait seul. Interrogé sur les motifs d’une telle façon d’agir, il répondait :


    « Mes distractions habituelles m’assaillent ; il me semble que le ciel s’ouvre sur ma tête, et je dois quitter mes camarades de peur de dire des choses que peut-être ils tourneraient en dérision. »


    Un jour que l’on parlait en récréation des âmes innocentes et pures qui « seront dans le ciel plus rapprochées de notre divin Sauveur et lui chanteront des cantiques spéciaux de gloire durant l’éternité », Dominique entra en extase. Il tomba comme mort dans les bras des personnes présentes. Ces ravissements d’esprit lui arrivaient en étude, en allant en classe, au retour et même durant la classe.


    Il parlait très volontiers du Souverain Pontife et manifestait le désir de le voir avant de mourir, disant qu’il avait des choses de grande importance à lui communiquer. Il dit à Don Bosco :


    « Je voudrais dire au Pape qu’au milieu des tribulations qui l’attendent, il ne cesse pas de s’occuper tout particulièrement de l’Angleterre, car Dieu prépare dans ce royaume un grand triomphe pour l’Église… Je vous confie un secret. Un jour, après ma communion, je vis une vaste plaine toute couverte de ténèbres. Elle était remplie de gens marchant à tâtons comme des voyageurs égarés. Ce pays, me dit un personnage qui se tenait près de moi, c’est l’Angleterre. »


    Je vis alors le pape Pie IX, majestueusement vêtu. Il tenait à la main une torche lumineuse et marchait au milieu de cette plaine obscure. À mesure qu’il s’avançait, les ténèbres disparaissaient et la plaine s’éclaira comme en plein jour.


    Le Pape tenait à la main une torche lumineuse et marchait au milieu de cette plaine obscure. À mesure qu’il s’avançait, les ténèbres disparaissaient et la plaine s’éclaira comme en plein jour.



    « Cette torche lumineuse, me dit le même personnage, est le symbole de la foi catholique qui doit illuminer les Anglais. »


    Lorsqu’on 1858, Don Bosco raconta ce fait au Pape, celui-ci répondit :


    « Cela me confirme dans la résolution que j’ai prise de travailler beaucoup pour l’Angleterre qui a déjà toute ma sollicitude. » (Au début du XIXe siècle, l’Angleterre ne comptait plus que quelque 160.000 catholiques. Ils sont passés depuis lors à plusieurs millions.)


    Don Bosco conclut : je passe sous silence beaucoup d’autres faits de ce genre concernant Savio. Je les ai recueillis, mais je laisse à d’autres le soin de les publier quand on le jugera utile pour la plus grande gloire de Dieu.


    Spoiler:
    avatar
    Anayel
    Modératrice

    Féminin Messages : 238
    Date d'inscription : 22/01/2016

    Re: La compagnie de l’immaculée conception - St Dom. Savio

    Message par Anayel le Dim 26 Fév - 10:53

    Je ne connaissais absolument pas cet homme : j'ai tout lu et c'était très enrichissant ^^ Du coup, merci pour ce partage ^^

      La date/heure actuelle est Dim 23 Juil - 16:34