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    Les sociétés secrètes engendrent la guerre civile en Italie au XIXe S.

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    saint-michel

    Masculin Messages : 445
    Date d'inscription : 14/02/2016

    Les sociétés secrètes engendrent la guerre civile en Italie au XIXe S.

    Message par saint-michel le Jeu 19 Mai - 16:03



    Voici deux extraits tirés de la vie de saint Jean Bosco dans lesquels nous découvrons une partie de l’histoire de l’Italie qui n’est plus enseignée au XXIe siècle. Ce livre ayant été rédigé vers le milieu du XXe siècle, il sera difficile d’accuser Teresio Bosco d’être un théoricien du complot puisqu’il se contente de rappeler ce que fut l’histoire italienne. La vérité n’a pas pour finalité la complaisance : elle est seulement enseignée pour édifier les âmes !


    « L’histoire avait fait son chemin ». Tiré de « Don Bosco ». Page 50 et 51


    « Pendant que Jean avait vécu son enfance difficile au milieu des collines de Castelnuovo, l’histoire avait fait son chemin. Nous n’avons, pas plus que dans les pages précédentes, l’intention de brosser un tableau complet de l’histoire italienne. Mais il nous semble essentiel d’en dégager quelques traits principaux puisque c’est sur ce fond que se déroulent les événements les plus marquants de la vie personnelle de Jean Bosco. Et c’est aussi de cette histoire qu’il reçoit impressions, idées, sensibilité.


    Contre la restauration inflexible et rétrograde des princes, les sociétés secrètes, qui organisent soulèvements et rébellions, se sont infiltrées en Italie dans les années 1815-1820.


    En janvier 1820, une étincelle jaillit en Espagne. À Cadix, une révolte militaire oblige Ferdinand VII à mettre fin à son absolutisme et à concéder une Constitution : une loi garantit à toute personne les libertés essentielles et le droit de vote. Le roi lui-même jure d’observer cette Constitution.


    L’étincelle fait éclater l’incendie en Italie six mois après. Un petit détachement de cavalerie, dans le royaume des Deux-Siciles, s’insurge aux cris de Vive la liberté et la Constitution ! Dans les huit jours, pour ne pas perdre son trône, Ferdinand de Naples accorde la Constitution de Cadix et jure sur l’Évangile de la respecter.


    Le 10 mars 1821 (Jean Bosco avait six ans), la révolte militaire commence aussi dans le Piémont, sous les ordres du comte Santorre di Santarosa. Alessandria amène la bannière bleue de la maison de Savoie et hisse sur la citadelle les trois couleurs (qui rappellent la Révolution française et les droits de l’homme qu’elle avait proclamés). Les garnisons de Pinerolo et Vercelli se soulèvent aussi. De Fossano, un colonel, marche sur Turin à la tête d’un régiment.


    Le roi Victor-Emmanuel 1er, terrifié, se précipite de Moncalieri à Turin, rassemble le Conseil de la couronne et s’entend proposer de concéder la Constitution pour ne pas tout perdre. Il allait le faire lorsque arrive la nouvelle que l’Autriche a décidé d’intervenir en Italie « pour rétablir l’ordre ».


    Accablé par les événements, Victor-Emmanuel 1er renonce au trône en faveur de son frère Charles-Félix. Ce dernier, se trouvant à Modène à ce moment-là, chez son beau-père, déclara « régent » le jeune prince Charles-Albert (vingt-trois ans). »


    « Allez dire au prince... » Tiré de « Don Bosco ». Page 51 et 52


    « Charles-Albert était entré en contact avec Santarosa, il en appréciait les idées, mais il n’avait jamais pu se décider pour l’absolutisme ou pour les « libéraux ». Déjà se manifestait en lui le caractère indécis qui lui vaudra le surnom de « Roi Tentenna », c’est-à-dire familièrement le roi « barguigneur » : qui met du temps à se décider. Il veut à tout prix au moins une chose : conserver son droit au Trône et le défendre contre les Autrichiens et les libéraux.


    En présence d’une immense foule qui, sous les fenêtres du palais Carignan, exige la Constitution (savait-on exactement de quoi il s’agissait ?), Charles-Albert cède. Le soir du 13 mars 1821, il signe la Constitution de Cadix et, deux jours après, jure de la respecter. Il constitue un nouveau gouvernement dans lequel Santarosa devient ministre de la Guerre.


    Quand Charles-Félix reçoit à Modène une lettre de Charles-Albert qui lui rend compte de tout ce qui s’est passé, il devient furieux. Il crie au gentilhomme Costa qui lui a apporté la lettre :


    « Allez dire au prince, s’il a encore une goutte de sang royal dans les veines, qu’il parte immédiatement pour Novarre et y attendre mes ordres. »


    Charles-Albert paraît d’abord décidé à résister, mais des nouvelles catastrophiques arrivent de Naples : une armée autrichienne a écrasé les troupes libérales, le parlement est dissous, le régime constitutionnel renversé. Le jeune prince se retire à Novarre. De là, il publie une proclamation dans laquelle il renonce à la régence et invite à la soumission au roi. Aussitôt après il part pour Florence, en exil.


    Le retour de Charles-Félix au Piémont fut précédé par l’arrivée d’une armée autrichienne qui sema la déroute parmi les volontaires de Santarosa et « rétablit l’ordre ». Soixante-dix chefs de la révolte furent condamnés à mort (soixante-huit d’entre eux avaient déjà fui en Suisse et en France), trois cents officiers et trois cents fonctionnaires civiles furent épurés, les universités de Turin et de Gênes fermées pour un an.


    « Tous ceux qui ont étudié à l’Université sont corrompus, écrivait Charles-Félix à son frère en exil. Les méchants sont tous des gens instruits, et les bons, tous des ignorants. »


    Les « mouvements de 1821 », comme ils sont appelés dans les livres d’histoire, furent des événements qui impliquèrent uniquement la bourgeoisie, les classes moyennes de la population. Les classes paysannes et ouvrières restèrent indifférentes à tout cela et même parfois nettement hostiles. Les classes moyennes (commerçants, petits entrepreneurs, petits industriels, fonctionnaires civils et militaires) à travers la « révolution libérale » visaient un seul objectif : se transformer en groupes de pouvoir, en caste privilégiée à la place de l’ancienne aristocratie. Les réformes exigées et sanctionnées par la Constitution de Cadix, n’étaient ni populaires, ni démocratiques. Le droit de vote était accordé seulement à ceux qui avaient un certain niveau de richesse : eux seuls pouvaient envoyer leurs représentants au parlement et défendre, évidemment, leurs intérêts. Comme déjà la Révolution française l’avait voulu, la révolution libérale voulait abolir tous les privilèges ; tous, sauf un : la richesse. »


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